Les salariés actionnaires Parkeon sacrifiés par le LBO

Vendredi, 01 Novembre 2013
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Aujourd’hui, les salariés petits actionnaires Parkeon ont tout perdu!

(entre 300€ et 2000€ par personnes)

Les salariés actionnaires de Parkeon ont été abandonnés, spoliés par le LBOVoici leur histoire…

Le Jackpot du 1er LBO

Fin 2003, Schlumberger vend en LBO l’entreprise Parkeon, leader mondial dans le domaine des horodateurs, à un fond d’investissements, Apax Partners, pour la somme de 80 millions d’euros. A ce moment il n’y avait que 5 dirigeants actionnaires.

Ensuite, entre 2004 et 2006, lors de la recapitalisation de 80 à 140 millions d’euros (avec une dette à 100M€), sont intégrés dans l’actionnariat une vingtaine de hauts managers, ceci en toute opacité...

En juin 2007, c’est la première revente de PARKEON.

Apax vend Parkeon pour 260 millions d’euros à Barclays Private Equity (un autre fond d’investissement). Cette revente se fait bien entendu en LBO. Grâce à l’effet de levier induit par le montage LBO, en revendant PARKEON, APAX  a multiplié par 9 sa mise initiale dans l’affaire, en seulement 3 ans!!!

A ce moment, les dirigeants et hauts managers se font aussi une très très belle plus-value, multipliant leur mise initiale au moins par 9.

Seulement passer pour PARKEON d’une valeur de 80M€ à 260M€ cela a impliqué dans ce système LBO, une nouvelle dette bancaire proportionnelle au montant investi. Cette dette c’est celle de l’actionnaire. Mais grâce au LBO et à une holding écran (Mobipark), c’est en fait Parkeon qui doit payer la dette de sa propre revente!
La dette qui est donc collée sur le dos de PARKEON en 2007 est alors de 170 millions d’euros.

Il va donc falloir pour PARKEON faire toujours plus de bénéfices pour rembourser les échéances semestrielles de la dette: c’est le “service de la dette”

Et pour avoir toutes les chances de réussir à servir la dette, il faut motiver le personnel Parkeon.

Et dans un LBO, pour motiver, il faut intéresser les acteurs à la revente de l’entreprise car c’est à ce moment là que les gains se font. Les actionnaires et dirigeants prévoient alors d’ouvrir l’actionnariat aux salariés, qui alors espèrent des perspectives de gain similaires à celles qui viennent d’être faites par APAX...

Les salariés PARKEON actionnaires… du 2nd LBO

C’est ainsi qu’est né en novembre 2007 une nouvelle holding “Mobipark Invest”. C’est la société des salariés actionnaires. Les managers eux, sont dans une autre holding: PARCOPOLIA (faut pas mélanger les …).

Ceci a permis aux salariés d’investir (très indirectement) dans leur entreprise.

217 salariés Français (sur 615 soit 35%)  souscrivent alors à cet investissement pour 1500€ en moyenne (entre 300 et 2000€).

La direction de cette Société de Salariés était assurée par un Conseil d'administration et un Président Directeur Général qui n’était autre qu’Yves Chambeau. Ainsi dans cette société prétendument “des salariés”, Yves Chambeau, Hahn. Lindeman, Ph Millet et Serge David, les dirigeants de l’époque, détiennent 51% des voix!!! Ce qui leur a donné les pleins pouvoirs de décisions.

Voici le schéma de la structure juridique de l’époque (nov 2007). On peut ainsi voir comment était liée la société des salariés (Mobipark Invest) à Parkeon.

 

  La descente aux enfers

Mais en 2009, le rêve se brise. La crise des subprimes frappe la France, Parkeon ne fait plus que 14 millions d’euros de bénéfices. Ce n’est plus assez pour le service de la dette.

Une première renégociation de la dette doit donc être effectuée: un report de 18 mois de la dette “in fine” est établi et une modification profonde de l'actionnariat est opérée.

C’est alors qu’ICG entre à 30% dans le capital de PARKEON … et que les salariés actionnaires en sortent: les actions des salariés ne valent alors plus rien et le lien actionnarial entre Mobipark invest et PARKEON est rompu…

Actionnaires salariés PARKEON, 2009 quand les financiers du LBO ont liquidé les actionsEt la décision de rompre le lien entre les salariés actionnaires et Parkeon a été prise à la majorité lors de l’assemblée générale extraordinaire de Mobipark invest le 16 décembre 2009. Assemblée lors de laquelle les salariés actionnaires ont été réuni pour voter la perte  totale de leur investissement! De toute façon, même s’ils ont tous voté contre, n’oublions pas qui avait la majorité dans cette société des salariés…

Les petits porteurs voient ainsi leurs actions disparaître. A la place on leur annonce un “earn out” (complément de prix) sans aucune certitudes et détails.

Qui à l’époque avait compris les conséquences? Personne!

 

Ainsi tout avait été prévu pour que les salariés Parkeon, une fois actionnaires, n'aient plus rien à dire sur leur argent.

Alors que pour les faire investir ils ont eu un dossier d'explication d'un centimètres d'épaisseur, pour les spolier, ils n'ont eu aucun choix.

La décence aurait voulu que les actionnaires lors de la renégociation restituent leur mise aux salariés.

Il y avait 400000€ seulement à débourser. Ils ne l'ont pas fait... Peut-être qu'après avoir payé les avocats 5 millions ils n'avaient plus rien pour les salariés Parkeon qui eux depuis 10 ans ont dégagé le cash nécessaire aux 100.000.000€ ponctionnés par le LBO

Débrouillez-vous!

Fin 2010, les bénéfices baissant, les financiers (Barclays, ICG  et Apax) n’ont plus confiance dans les dirigeants de PARKEON.

Yves Chambeau est ainsi remercié (il donne une “réorientation à sa carrière”) et c’est Bertrand Barthélémy qui le remplace.

Bertrand Barthélémy va alors s’employer à 2 activités: faire de la réduction des coûts et pousser les financiers à restructurer une nouvelle fois la dette LBO afin de desserrer l’étau dans lequel nous sommes. Cette dernière action n’était pas envisageable par Yves Chambeau qui aurait dû sacrifier ses actions Parkeon et donc les millions d’euros de ses investissements.

La restructuration de la dette se fait fin 2012. ICG devient le principal actionnaire avec un autre fond, European Capital. Barclays Private Equity sort du LBO.

La restructuration de la dette Parkeon est terminée mais aucun commentaire de la part de la nouvelle direction sur Mobipark invest et sur l’investissement financier des salariés. Elle répond ceci à une question DP sur le sujet:

La Direction laisse le soin à la Direction de Mobipark Invest de prévenir les salariés actionnaires de la valeur de leurs actions. Elle rappelle que depuis fin décembre 2009 plus aucun lien juridique ne lie Parkeon à la société Mobipark Invest. Ce n’est donc clairement pas à la Direction de Parkeon de répondre à la question des élus.

Elle nous a alors donné l’adresse privée d’Yves Chambeau pour toute question sur ce sujet.

Donc … débrouillez-vous ! Quelle belle considération des salariés qui ont cru en leur entreprise. En clair, selon la direction actuelle, les salariés ne reverront plus leur argent.

Resterait-il un espoir?

Lors du Comité d’entreprise du 15 février 2013, par conférence téléphonique, ICG l’actionnaire principal, approuve que les salariés Parkeon retrouvent leur investissement réalisé dans Mobipark Invest. L’argent est même disponible pour cela au travers des 10 Millions € du “New Money” (qui sert aussi à payer les 4 à 5 millions d’euros de frais d’avocats).

extrait PV CE du 15/02/13

ICG mentionne d’ailleurs son attachement à préserver l‘intérêt des salariés (extrait PV CE du 15/02/13):

Bertrand Barthélemy garderait-il l’argent des actionnaires salariés?

Aujourd’hui cet argent serait donc à la disposition de Bertrand Barthélémy. Pourtant, après 10 mois maintenant, il ne parle toujours pas de restituer sous quelque forme que ce soit, les pertes des salariés actionnaires Parkeon comme l’a approuvé ICG (nous vous invitons à lire le PV du CE du 15/02/2013).

Bertrand Barthélémy "chercherait une solution légale". C'est vraiment bizarre. Car décider que l'investissement des salariés ne valait plus rien a été légal et n'a pas pris 10 mois de réflexion!

Que peut-on donc penser de ce comportement? ICG approuve que les salariés actionnaires retrouvent leur investissement, fourni l’argent nécessaire au PDG mais celui-ci n’agit toujours pas?

 

Commentaires
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Actionnaire  - Rectificatif   |2013-11-02 20:23
Les salariés ont investi, pardon, perdu entre 300 et 2500 euros.
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